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céline de monicault

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Et CDM créa CDM

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Collection 2021, les coulisses : Céline nous en dit plus...

07.07.2020

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-Quelle a été ton inspiration principale pour cette collection ?
Mes inspirations restent dans la continuité de celles de la collection 2020.
J’explore mes obsessions pour la nature : les émotions que peuvent procurer une simple vision d’un coucher du soleil, la poésie d’une ombre portée, d’un rayon du soleil sur le corps…

-Quel type de mariée as-tu imaginée cette fois-ci ? Elle est toujours inspirée de toutes ces femmes aux identités plurielles qui ouvrent les portes de mon showroom. Des mots qu’elles prononcent pour décrire la femme qu’elles souhaitent être le jour de leur mariage : élégante, féminine, sensuelle, poétique, pas comme les autres mais sans surenchère…

-Qu’est ce que tu t’aies dit quand tu as vu toutes les robes de la collection 2021 sur le portant ? C’était le 5 juin, nous étions au showroom rue Rouget de Lisle, Sabrina ( ma chargée de développement commercial) était en face de moi en train de travailler et les larmes me sont montées aux yeux. Je me suis dit « P**** j’ai réussi ! » Pardon pour la vulgarité !

Pour celles qui connaissent mon histoire et me suivent depuis longtemps sur Instagram, le 6 juin 2019, j‘ai appris que j’avais un cancer du sein.
Je vous arrête tout de suite, pas de discours sur mon combat contre le cancer, le but n’est pas du tout de faire pleurer dans les chaumières.
Un an auparavant, cette collection 2021 n’était qu’un rêve bien trop lointain que j’osais à peine imaginer.
Je savais que la fin de cette histoire serait heureuse (puisque j’avais décidé que ce cancer ne serait qu’une parenthèse dans ma vie) mais je ne pensais pas que je serais si heureuse ! C’est fou ! C’est beau !
Merci encore pour la 100000000ème fois à toute mon équipe sans qui tout cela n’existerait pas !

-Les premiers prototypes ? Ahah !! Cela dépend des robes ! « CANON » ou … « Euh ! Vous en pensez quoi ? » Travail d’équipe, toutes les voix ici sont importantes. J’aime avoir l’avis de tout le monde, les filles confirment souvent ce que je pense déjà ! #bestteam

Tout d’abord tous les prototypes ne sont pas fait en même temps. On ne voit pas toutes les robes à la fois, sauf au dernier essayage. Il y a environ un essayage toutes les semaines, tous les 15 jours.

Souvent c’est Charlotte ma cheffe d’atelier qui choisit en fonction de ses préférences.
Il y a les croquis, la toile et le prototype. Parfois il y a le coup de foudre dès le premier dessin, il y a des évidences et puis parfois il faut être patiente. Surtout pour Charlotte et refaire entièrement 4 fois la robe dans le vrai tissu pour se dire qu’elle est géniale en fait.
Tous les ans des modèles sont annulés et d’autres inventés au moment des essayages. Ce sont souvent d’ailleurs nos préférés ! J’adore la sérendipité !

Je n’aime pas travailler dans l’urgence, j’aime prendre le temps de réfléchir, de digérer, de regarder encore et encore les photos des essayages sur notre mannequin… Changer d’avis, se dire que je me suis trompée n’est pas un problème.

Pour la petite anecdote, cette saison avec le confinement, Charlotte est restée seule à l’atelier pour continuer à confectionner les robes des clientes et celles de la collection (reconnaissance éternelle). Je repassais à l’atelier tous les 15 jours pour faire le point. Afin d’avancer la collection 2021 -Anna (notre mannequin cabine) étant coincée à Londres avec l’impossibilité de revenir comme prévu pour les essayages- TADAM ! J’ai du essayer les robes moi-même… (un bon exercice de prise de recul sur mon corps).

Résultat : à l’inverse impossible de prendre du recul sur certains modèles !
Il aura fallu attendre le 17 mai que je vois les robes sur Agathe ( notre mannequin de la campagne 2021) pour me dire que ce que j’avais dessiné mi-février était parfaitement juste.

-Qu’est-ce que cette collection a de plus que les autres ?
Un ingrédient magique : la fierté ! Elle est puissante pour moi.
Elle est encore plus forte, plus couture, féminine et assumée ! Juste ce que je souhaitais.

-Qu’est-ce qui a changé entre ta toute première collection et celle-ci ?Ma toute première collection date de 2012 : deux jupes, 3 tops, des très belles matières, pas de dentelle, des broderies, un shooting couture avec une touche d’humour.

C’est assez drôle, car je pense qu’elles ont des points communs : ce sont des collections instinctives.

-Le plus grand challenge de cette collection ? Olalala ! Je suis obligée de n’en donner qu’un ?!
Je suis très fière de tout ce que nous avons réussi à accomplir avec mon équipe ! Tout a été challenge !!

La fatigue, j’ai fini ma chimio le 3 décembre, j’ai repris à 100% dès le 3 janvier.
La créativité, pas facile de trouver du temps pour être créative quand on n’a pas encore retrouvé tous ces globules blancs, son cerveau et sa concentration !
Trouver un nouveau showroom également. Nous avons appris mi-février que nous allions être mis à la porte en pleine saison ! Ô joie, j’ai dû déménager le showroom en plein confinement. Merci Leslie et Coline pour leur aide si précieuse. Merci encore une fois à Sophie et Franck de Chamberlan de nous avoir accueilli !

Les fournisseurs aussi. Avant le confinement, gérer les retards de commande de tissu. Beaucoup de nos fournisseurs étaient en rupture de stock, car le fil de nos tissus vient de Chine.
Pendant le confinement, les ateliers ont fermé. Il a fallu attendre quelques semaines qu’ils réouvrent, le tout avec une équipe réduite !
Continuer à créer la collection pendant le confinement à distance.
Imaginer un shooting à Arles, j’ai ce super pouvoir de me persuader que les choses vont arriver ! Se répéter que ces émotions ne font pas la réalité.

-Si tu devais n’en choisir qu’une ?
IMPOSSIBLE !!!! Numéro 55, 61, 63, 64 !

-Celle qui devrait mettre le plus grand nombre d’accord ? La Numéro 58… Amour du drapé !

-La robe la plus CdM et à l’inverse celle que tu n’aurais pas forcément imaginé créer ? La Numéro 61 ! J’en suis amoureuse, tissu fou, coupe dingue, allure qui ne laisse personne indifférent !

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-En coulisses, qui donne vie aux robes ? Charlotte, d’abord ma cheffe d’atelier. Bientôt 3 ans qu’on travaille ensemble. On a seulement besoin de parler pour se réaffirmer ce que l’on pense déjà. Je suis si fière de travailler avec une personne aussi géniale et talentueuse qu’elle. Qu’on se le dise les robes CdM ne seraient rien sans elle et bien sûr son équipe.

Julia, notre brodeuse. Elle est mon rendez-vous préféré des fitings. Pour moi, la broderie c’est de l’émotion. Elle pourrait me faire pleurer par son talent et la poésie de ce qu’on imagine ensemble tous les ans. Celles qui ont choisi des robes brodées savent de quelle sensation je parle. Un vrai savoir-faire d’une beauté dingue que j’aime continuer à faire perdurer.

J’ai aussi envie de faire un clin d’œil à Emilie avec qui je travaille pour imaginer les ceintures en passementerie et galon dans le sud de la France. À Anne, pour les tulles et organzas brodés. Elle m’a ouvert 70 ans d’archives de la maison pour que je puisse m’inspirer pour créer mes propres dessins. Aymeric, artisan d’exception,  qui travaille avec les plus grands et qui me fait toujours les plus beaux boutons. 

-De qui t’es-tu entourée pour immortaliser ces nouvelles silhouettes ? De talents bien sûr ! Cette année encore la magie a opéré.

Faustine Martin, la photographe de nos campagnes depuis 2 ans. Je suis si heureuse que le destin nous ait amené à travailler ensemble l’année dernière. J’aime ces personnes avec qui quelques mots suffisent pour que l’on se comprenne. Tout est simple, direct, son travail est sensible, incisif, sensuel, sa vision est pointue. Merci Faustine !

Emilie Green, l’artiste en chef beauté de nos campagnes depuis 2 ans (découvrez son interview ici). C’est la poésie et la douceur, un doux mélange d’une grande discrétion, d’un caractère et d’une vision assumés. Elle a su décupler ce que j’avais en tête pour Agathe : féminin, élégant, tout sauf du chignon, très peu maquillée, juste de la belle peau, sensuelle…

Agathe, notre mannequin, pour les fans de la robe Numéro 37, vous la reconnaîtrez certainement. Nous avons travaillé ensemble il y a 3 ans. Agathe est aussi architecte de talent. Nous nous ne sommes pas quittées, les embouteillages pour aller à Fontainebleau ou la marche à 6h du mat en forêt nous ont rapprochées !

Encore une anecdote, lors de nos appels avec Faustine, nous parlons recherche mannequin. Elle me parle de cette fille avec qui elle a adoré travailler qui collerait à la perfection à la campagne. Elle m’envoie un profil Instagram, c’est Agathe que j’avais eu par message deux jours avant ! 

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-Chacune de tes collections est illustrée par un shooting à l’univers bien particulier, peux-tu nous en dire plus sur celui-ci ? La sérendipité encore, le destin… Depuis des mois, j’avais en tête une maison italienne ou à l’esprit grec. J’ai fait appel à plusieurs contacts pour m’aider à trouver ce lieu magique. Les recherches étaient laborieuses, j’avais vraiment du mal à trouver cet endroit.

Nous avions booké la date du 28/29 avril pour shooter. Et puis comme tout le monde, confinement ! A commencé alors le jeu de « va-t-on pouvoir… » On a bien sûr tous adoré ce jeu, non ?! (soupir)
J’ai appelé Faustine, après révisions des inspirations du shooting, elle me parle de l’Hôtel les Cabanettes qui est très connu dans la région. Coup de cœur pour le lieu. J’envoie un message à Gaelle et Aaron qui ont racheté l’hôtel l’année dernière, s’en suivent 45 min de papotage ! Coup de cœur pour le couple.
Nous finissons par raccrocher en se disant que le shooting se fera chez eux en mai, juin, juillet peut-être au pire en août ! C’était fou d’imaginer ce shooting dans un hôtel qui ne savait pas si il allait rouvrir, à l’autre bout de la France. Sans savoir comme y aller, avec des conditions sanitaires inconnues, une équipe peut-être restreinte…
Nous avons donc imaginé cette ambiance flirtant avec les années 70 et le vieil Hollywood. Féminine, élégante, puissante, sans surenchère. Avec une touche décomplexée, rappelant parfois l’esprit de Martin Parr.

-Qu’as-tu envie que tes mariées aient à l’esprit en disant « oui » dans l’une de ces robes ? Qu’elles seront belles telles qu’elles ont envie de l’être !

To be continued…

Amélie Cosmao

  • Des tissus de fabrication française,
    des fabricants de Maisons d’Exception,
    l'amour de l'artisanat.
  • Made in France,
    Made in Paris,
    Made with love.
  • Des créations uniques,
    réalisées sur mesure dans
    notre appartement showroom...
  • Des lignes épurées,
    contemporaines,
    un mélange d’inspiration du passé.